
Depuis le 2 août 2026, une nouvelle étape de l’AI Act (le règlement européen sur l’intelligence artificielle) est entrée en application. Si tu es naturopathe, sophrologue, aromathérapeute, coach ou professeur de yoga, tu te dis peut-être que cette loi ne te concerne pas : elle vise les grandes entreprises tech, les hôpitaux, les banques. Pas ton petit cabinet ni ton compte Instagram.
Détrompe-toi. Si tu utilises des systèmes d’IA comme ChatGPT pour rédiger tes posts, un chatbot sur ton site, ou des visuels générés par IA pour ta communication, cette loi te concerne directement. Pas de panique en revanche : les obligations qui pèsent sur toi sont simples à comprendre et, pour la plupart, faciles à mettre en œuvre. Je te propose de faire le point, sans jargon juridique, avec des exemples concrets de ton quotidien.
Qu’est-ce que l’AI Act ?
C’est le premier règlement au monde qui encadre l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il est entré en vigueur en août 2024 et s’applique par étapes. Chaque niveau de risque a son calendrier :
- Février 2025 : certaines pratiques d’IA sont interdites (par exemple la manipulation psychologique via IA), et toute personne qui utilise l’IA dans son activité doit en comprendre le fonctionnement de base et les limites.
- Août 2025 : des règles s’appliquent aux grands modèles d’IA eux-mêmes (ChatGPT, Claude, Gemini…).
- Août 2026 (nous y sommes) : les obligations de transparence entrent en application. C’est cette étape qui te concerne le plus directement.
- 2027-2028 : les obligations les plus lourdes, réservées aux IA dites « à haut risque » (recrutement, crédit, dispositifs médicaux), entrent en vigueur. Cela ne concerne pas ton activité de thérapeute ou de coach.
Qui est concerné par l’AI Act ?
Pour faire simple, ce sont toutes les personnes qui utilisent l’intelligence artificielle.
Quel est le principe fondamental de l’AI Act ?
C’est une loi européenne sur l’ia qui assure un premier cadre juridique et vérifie la conformité de l’utilisation de l’IA. Elle s’assure du respect des droits notamment concernant le traitement de données.
Quand l’IA Act entre-t-il en vigueur ?
Cette règlementation est en vigueur depuis 2024 et s’applique par étapes.
Pour le moment, celle qui te concerne est celle du 2 août 2026. Cette étape porte sur la transparence. Autrement dit, la loi ne t’interdit pas d’utiliser l’IA. Elle te demande d’être honnête sur le fait que tu l’utilises, dans certaines situations précises.
Si tu utilises l’IA dans ce qui s’appelle la catégorie « à hauts risques », il faudra simplement t’assurer d’être en conformité en 2027-2028.
Ce que l’ia act change concrètement pour ton activité bien-être et ta communication
C’est le cœur du sujet, et celui qui touche le plus ton activité au quotidien.
1. Si tu as un chatbot sur ton site
Tu as peut-être installé un assistant conversationnel pour répondre aux questions de tes visiteurs pendant que tu es en séance, ou pour qualifier les demandes avant une prise de rendez-vous. À partir de maintenant, ce chatbot doit clairement indiquer, dès le début de l’échange, qu’il s’agit d’une IA et non d’un humain.
Exemple concret : si ton site propose une bulle de discussion « Une question ? Je te réponds ! » animée par un assistant automatisé, il faut que le premier message précise quelque chose comme « Bonjour, je suis le robot du cabinet XXX et je suis ici pour t’aider, je peux répondre à tes questions générales. Pour un échange personnalisé, réserve un appel avec [ton prénom]. » Simple, honnête, et ça rassure plutôt que ça trompe.
Ce qui ne change rien : si tu réponds toi-même aux messages, ou si un simple formulaire de contact renvoie vers ton adresse email, aucune obligation ne s’applique. La loi vise les outils qui simulent une conversation, pas les canaux de contact classiques.
2. Si tu utilises l’IA pour générer des visuels ou du contenu pour ton site web, tes newsletters ou tes réseaux sociaux
Tu crées peut-être des visuels pour Instagram avec Canva Magic Media, Adobe Firefly, Gemini ou Midjourney. Tu rédiges tes posts avec l’aide de ChatGPT ou Claude. À partir du 2 août 2026, les outils qui génèrent ces contenus doivent intégrer un marquage technique invisible (dans les métadonnées du fichier) permettant d’identifier leur origine artificielle. Cette obligation pèse sur les éditeurs d’outils (Adobe, Canva, OpenAI…), pas directement sur toi : ce sont eux qui doivent équiper leurs générateurs.
Ce qui te concerne, toi : rien ne t’oblige encore à écrire « généré par IA » sous chaque publication. Mais la tendance de fond va clairement vers plus de transparence, et beaucoup de tes clientes et clients y sont déjà sensibles. Dans un secteur comme le bien-être, où la confiance et l’authenticité sont ton capital le plus précieux, être transparent·e sur ta manière de travailler devient un vrai argument de différenciation plutôt qu’une contrainte.
Exemple concret : pour ta prochaine newsletter, tu pourrais assumer simplement : « J’ai utilisé l’IA pour dégrossir la structure de cet article, puis je l’ai entièrement retravaillé avec mon expérience et ma sensibilité. » Ce genre de transparence, dans un univers où tes clientes cherchent justement à s’éloigner du tout-digital et du tout-automatisé, renforce ta crédibilité plutôt qu’elle ne la fragilise.
3. Si tu utilises des outils d’analyse émotionnelle ou biométrique
Certaines applications de bien-être proposent une analyse de la voix, de l’expression du visage ou du rythme cardiaque pour évaluer un état émotionnel ou un niveau de stress. Si tu utilises ce type d’outil avec tes clientes (par exemple un scan biométrique en séance de sophrologie, ou une appli de reconnaissance émotionnelle en coaching), tu dois désormais les prévenir clairement, avant l’analyse, que cet outil s’appuie sur une IA de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique.
Exemple concret : un simple mot avant la séance suffit, du type « L’application que nous allons utiliser analyse ta voix pour estimer ton niveau de tension, avec un algorithme d’IA. Les données restent confidentielles et ne sont utilisées que dans le cadre de notre suivi. »
Cette obligation d’information ne concerne que les outils spécifiquement conçus pour analyser des émotions ou des données biométriques : cela n’inclut ni ton ressenti intuitif de thérapeute, ni un questionnaire classique de bien-être.
4. Si tu rédiges des ebooks, des articles de blog ou des newsletters avec l’IA
C’est ici que les choses se nuancent le plus, et c’est important de bien comprendre la différence entre deux usages.
L’IA comme assistant de rédaction. Tu utilises ChatGPT ou Claude pour structurer tes idées, dégrossir un plan, reformuler une phrase, gagner du temps, mais c’est toi qui retravailles le texte par la suite, qui apportes ton expérience et ta voix en plus des contenus générés. La loi appelle ça une « fonction d’assistance » et l’exempte explicitement de toute obligation de mention. C’est d’ailleurs, dans l’immense majorité des cas, la façon dont tu travailles déjà avec l’IA.
L’IA comme générateur quasi autonome. Un texte publié quasiment tel quel, généré par IA, sur un sujet qui informe le public. Dans ce cas, la loi vise en priorité l’actualité et les sujets de société, mais la frontière avec des conseils de santé ou de bien-être fait encore débat chez les juristes. Dans le doute, deux réflexes simples suffisent à te mettre à l’abri : soit tu relis et valides toujours le fond avec ton expertise avant publication (ce qui te fait retomber dans le premier cas), soit tu assumes ouvertement l’usage de l’IA dans ta communication.
Exemple concret : pour un ebook généré en grande partie par IA sur « les bases de l’aromathérapie », mieux vaut soit le retravailler en profondeur avec tes connaissances de terrain avant de le diffuser, soit préciser en introduction que l’IA a servi de brouillon et que le contenu a été vérifié et enrichi par toi. Dans les deux cas, tu gagnes en crédibilité : rien n’abîme plus la confiance d’une cliente que de sentir un contenu généré sans relecture sur un sujet qui touche à sa santé.
5. Si tu es formateur ou formatrice et que tu utilises l’IA pour créer tes cours ou les rendre ludiques
Bonne nouvelle : créer des supports pédagogiques avec l’aide de l’IA (slides, fiches, exercices, quiz, scripts de modules e-learning…) n’entre pas dans la catégorie « haut risque » de l’AI Act. L’annexe III, qui liste les usages de l’IA à haut risque dans l’éducation, vise des cas très précis et bien différents : les systèmes qui décident de l’admission d’une personne à une formation, qui évaluent automatiquement les acquis d’apprentissage, qui déterminent le niveau d’accès à une formation, ou qui surveillent les stagiaires pendant un examen pour détecter la triche. Rien à voir avec le fait de générer le contenu d’un module ou d’un support de cours.
Ce qui te concerne réellement, en tant que formateur ou formatrice :
- Créer tes supports avec l’IA relève des mêmes règles que pour un article de blog : tant que tu relis, corriges et t’appropries le contenu, tu es dans l’usage « assistance », sans obligation particulière.
- Si tu utilises un chatbot ou un tuteur virtuel IA pour accompagner tes apprenants (répondre à leurs questions, les guider dans un parcours e-learning), il doit se présenter clairement comme une IA dès le premier échange, exactement comme pour un chatbot de service client.
- Si tu utilises un outil d’IA pour noter, évaluer ou certifier automatiquement tes stagiaires, ou pour décider qui peut accéder à une formation, tu entres dans le champ « haut risque » de l’annexe III. Ces obligations sont lourdes (documentation, supervision humaine, traçabilité) mais leur entrée en application a été reportée à décembre 2027 : tu as le temps de t’y préparer si c’est ton cas.
Exemple concret : générer avec l’IA le squelette d’un module sur « les fondamentaux de la sophrologie », puis l’enrichir avec tes propres exercices, ton vécu de terrain et tes exemples de séances, ne pose aucune difficulté réglementaire. En revanche, si tu envisages un outil qui corrige automatiquement les quiz de tes stagiaires et délivre une certification sans intervention humaine, prévois d’ores et déjà d’anticiper les obligations de traçabilité qui arriveront en 2027.
6. Le cas des images générées par IA
Si tu générais des visuels « avant/après » avec de l’IA pour illustrer les effets d’un accompagnement, ou des témoignages vidéo synthétiques, sache que la loi impose désormais un étiquetage clair indiquant que l’image ou la vidéo a été manipulée ou générée par IA. C’est une pratique à éviter de toute façon dans le secteur du bien-être, où la promesse de transformation doit rester honnête et vérifiable : mieux vaut un vrai témoignage client, même imparfait, qu’un visuel « choc » généré qui pourrait ternir ta crédibilité.
Ce qui NE change PAS (et qu’il ne faut pas confondre) avec l’entrée en vigueur de cette législation
Beaucoup d’articles sur l’AI Act créent une confusion en mélangeant toutes les échéances. Voici ce qui reste stable, pour que tu gardes les idées claires :
- Les obligations les plus lourdes, celles qui concernent les IA « à haut risque » (recrutement, notation de crédit, dispositifs médicaux, éducation), ne s’appliquent généralement pas à ton activité et sont de toute façon reportées à 2027-2028.
- Utiliser ChatGPT, Claude ou tout autre assistant IA pour t’aider à rédiger, structurer tes idées ou préparer un programme d’accompagnement reste totalement libre. La loi n’interdit rien ici, elle demande seulement de la transparence dans certains cas précis (chatbots, contenus et images, analyse biométrique).
- Le RGPD continue de s’appliquer en parallèle, notamment si tu utilises un outil d’IA qui traite des données de santé de tes clientes (ce qui est fréquent en naturopathie ou en sophrologie). C’est un sujet distinct de l’AI Act, mais tout aussi important à ne pas négliger.
Ce que je te conseille de faire concrètement, dès maintenant
- Fais l’inventaire de tes outils IA. Chatbot sur le site, générateur d’images pour tes réseaux, assistant de rédaction, appli d’analyse émotionnelle en séance : liste tout ce que tu utilises.
- Si tu as un chatbot, vérifie son message d’accueil. Assure-toi qu’il précise dès la première ligne qu’il s’agit d’une IA.
- Si tu utilises une appli d’analyse biométrique ou émotionnelle avec tes clientes, prévois une phrase d’introduction simple avant chaque utilisation.
- Assume ta manière de travailler avec l’IA dans ta communication. Dans un secteur fondé sur la confiance et l’authenticité, la transparence n’est pas une contrainte : c’est un atout que tes clientes sauront reconnaître.
- Ne confonds pas urgence et panique. Rien de ce qui est entré en vigueur au 2 août 2026 ne t’oblige à tout changer du jour au lendemain. Prends le temps de mettre tes outils en conformité sur les prochaines semaines.
Quel est l’objectif de l’AI act alors ?
L’AI Act ne vient pas t’empêcher d’utiliser l’intelligence artificielle dans ton activité de bien-être. Il te demande simplement d’être transparente : dire quand un chatbot répond à ta place, prévenir avant une analyse biométrique, éviter les contenus visuels trompeurs. Autant de réflexes qui, finalement, rejoignent les valeurs que tu portes déjà dans ta pratique : l’authenticité, la confiance et le respect de la personne que tu accompagnes.
Pour ma part, j’ai rédigé cet article en me basant sur mes recherches sur internet et en les croisant avec des informations trouvées sur Claude. Mon objectif dans cet article est de te t’aider à connaître les lignes directrices de cette loi sur l’ia et aussi de te rassurer concernant ta pratique. J’espère avoir pu t’éclairer suffisamment. N’hésite pas à me contacter si tu as des questions auxquelles je n’aurais pas répondu dans cet article
